lundi 30 juin 2014

Azurane

Une grand-mère fée dans la fleur de ses deux cents ans, à la recherche de son mari disparu ; une jeune humaine dégourdie et solitaire, attirée par un étang qu’on dit hanté par le démon : Azurane et Margot appartiennent à deux mondes qui se croisent et se redoutent sans jamais se rencontrer, mais parfois la réalité est plus étrange que la magie des Aëlyres...
Oskar , 2013, 176 pages.
Graphisme de Jean-François Saada, illustration de Asahi

Sélections
« Cette belle aventure fantastique va permettre à l’auteure d’aborder des thèmes importants tels la pollution, l’industrialisation à outrance, la dépression, et l’absence d’un être aimé dans une écriture belle et délicate et dont les personnages sont forts et attachants ».

... "En plus d'une histoire très intéressante, l'auteure a réussit a créer son propre monde et a se démarquer des autres livres jeunesse par une sensibilité et un regard sans fard sur notre société. Un livre qui allie aventures et sujets de société  de manière habile et sans tomber dans l'ennuyeux mais qui au contraire relance l'intérêt du lecteur grâce a une belle histoire et a des personnages attachants".

Des mêlées de lecture 
" Une histoire magique, écrite d’une plume délicate et envoûtante. (...) Un petit bijou dans la littérature enfantine. Seul regret j’aimerais d’autres aventures d’Azurane et de son petit fils."

Entre les pages
http://entrelespages.wordpress.com/2013/12/29/azurane/
"L'intrigue principale est un joli subterfuge entraînant enrobé d'une fine poudre magique qui reste collée sur les doigts après la lecture."

Livres Ados
http://cdilumiere.over-blog.com/2014/01/azurane-na%C3%AFk-feillet-oskar-fantasy-2013.html

"Un joli récit doux et poétique".



Jolek, le conteur de lune



Épuisé

Naïk Feillet, Jolek le Conteur de lune, éditions du Seuil, collection Chapitre, octobre 2009, 150p. 8,50€
Illustration de couverture, Laura Csajagi.
4e de couverture...« Le lutin claqua des doigts, et la lampe s’orienta vers l’espace libéré, transformé en scène de théâtre. »

À 10 ans, Lucas se ridiculise sur scène pour le spectacle de Noël et décide de renoncer au théâtre ! En pleine nuit, il surprend alors un mystérieux visiteur : Jolek. Le Conteur de lune est venu lui présenter trois histoires merveilleuses pour le réconforter. L’inconstance d’un Farfadet, la persévérance d’une Conteuse et le courage d’une Sirène surprennent Lucas… Mais parviendront-ils à lui redonner confiance ?


À travers les talents de Jolek, Naïk Feillet nous offre un roman où s’invitent les personnages étranges et l’univers fantastique de trois contes.

Jolek est venu pour souffler un rêve agréable à l'oreille de Lucas pendant son sommeil, mais le chat, Kiwi, confond le lutin avec une souris et réussit à le capturer !

Grâce à son chat, Lucas découvre les trois histoires de Jolek, sur la scène improvisée par le Conteur...

... Le voyage de Férogan, un Farfadet géographe, éternel insatisfait!
... Noline, la Conteuse de lune, bien décidée à aider Rosa, une jeune humaine maltraitée par son père.
... Le rocher de granit rouge, témoin fidèle de l'amour interdit de Naliéga, une jeune Sirène, et de Galénod, un Ondin.


Sélecionné pour le prix littéraire 6ème, 2013-2014, CDI collège LeClos-Ferbois


http://clg-le-clos-ferbois-jargeau.tice.ac-orleans-tours.fr/eva/spip.php?article485

Prix littéraire de la la Circonscription  Sud-Saint-Baume, organisé par la médiathèque de Sanary : le palmarès
Jolek a été récompensé par de jeunes lecteurs de CM2.

Un grand merci aux élèves, bibliothécaires et  professeurs qui ont aimé mon Conteur de lune !
juin 2011

La revue "Nous voulons lire !"
"Chacune de ces nouvelles constitue une évocation subtile d'un monde un irréel, mais proche de l'enfant. Les jeunes lecteurs pourront être sensibles à leur délicatesse."
septembre 2010


La revue des livres pour enfants, ici, sur le site de La joie par les livres
"
Les enfants aiment à s'inventer des personnages imaginaires comme Jolek et l'auteur a su rendre cette atmosphère particulière dans laquelle Lucas vit à la frontière du monde réel et du monde imaginaire, frontière que l'on traverse facilement."
janvier 2010
 


 Khimaira
"Naïk Feillet fait preuve d'une grande maîtrise et écrit dans un style fluide très agréable.
Cet ouvrage rime également avec plaisir de lecture. (...)
Réservé aux plus jeunes (à partir de 10 ans), les plus âgés auraient tort de bouder ce petit chef d'œuvre plein de sincérité. A lire en famille.
"
12 avril 2010


Dans la Revue belge de la littérature de jeunesse, Libbylit de janvier-février 2010
"Lucas est désolé, il s'est lamentablement ridiculisé lors de la représentation théâtrale de son école. Enfermé dans sa chambre, il cuve son dépit quand son chat lui ramène une drôle de souris. Un farfadet minuscule nommé Jolek qui va passer la nuit à lui raconter des histoires plus merveilleuses les unes que les autres. Sera-ce suffisant pour lui redonner confiance?
Voici une bien mignonne petite histoire. En plus, on en a trois pour le prix d'une et une jolie réflexion sur la confiance en soi."


Sur le blog Enfantipages
... "Naïk Feillet fait se joindre d'une plume sûre le monde des humains et celui des créatures imaginaires. Une plongée pleine de délicatesse et de tendresse dans l'univers du rêve qui vient si souvent aider les enfants à vivre et à sourire. A lire dès 11 ans.
A.L."
25 janvier 2010

L'Hebdo des Notes
Extrait
... "Cette lecture se pare de vertus pédagogiques: le chemin du conte et l'univers fantastique de ses héros permet à l'auteur de distraire tout en faisant référence aux valeurs humanistes"

22 décembre 2009

Les chroniques de l'imaginaire
..
. "Cette jolie histoire, à destination des enfants à partir de dix ans, a pour personnage principal un petit garçon du même âge. Cette similitude, ainsi que la justesse de ton employée par l'auteur, facilite l'identification par les enfants.
La forme est originale : trois contes insérés dans la trame principale de l'histoire font plonger le lecteur dans un univers merveilleux peuplé de lutins, de farfadets et de sirènes. Chacun des trois contes comporte une morale bien intégrée à l'histoire, qui encourage la persévérance pour vaincre les complexes et tracas quotidiens des petits et des grands. Le message est intéressant : on peut retrouver confiance en soi grâce au pouvoir des histoires et de l'imagination."
23 novembre 2009

Les Histoires sans fin
... "Jolek le conteur de lune contient donc quatre histoires ! Merveilleuses, enchanteresses et sources de réflexions, ces étonnantes intrigues sont pleine de magie et de suspense. Délectez-vous-en le soir, bien au chaud dans votre lit. Puis... laissez la magie agir dans vos rêves !"
10 novembre 2009

Sur le blog Otium
... "Subtils, ces récits se lisent avec plaisir, grâce à une écriture dynamique.
Bilan : des histoires bien écrites qui créent des univers développés et encouragent les interprétations. "

9 novembre 2009

Sophie Lenoir, du magazine
Interlignage a consacré un article à Jolek.
Extrait :
"Dans ses trois contes originaux, elle parle de quête de soi, d’audace et de tolérance. En abordant des sujets parfois sombres, mais toujours dans le but de nous éclairer. On sourit, on rit parfois, et on referme ce petit livre en espérant que cette nuit, c’est à nous que Jolek rendra visite, pour que ses histoires nourrissent nos rêves un peu trop plats. La créatrice du conteur de lune a décidément une plume que doit lui envier l’ami Pierrot…"
8 novembre 2009

Grâce à BoB, Jolek va maintenant rendre visite à Biblio, Herisson08, Heureuse, Stéphie et Yv.
8 novembre 2009

Les enfants des éléments

Les enfants des Eléments et le Cristal des Mages
Editions Odin, décembre 2006


Le matin de son départ en colonie de vacances dans un manoir breton, Poséia se réveille en sursaut après un rêve étrange : un homme et une femme lui apprennent qu'elle est la fille de l'Eau et qu'elle doit retrouver les autres enfants des Éléments pour accomplir une mission dans le monde des Mages. Parmi les pensionnaires du manoir d'Arlenn, Poséia parvient à  reconnaître, Ghéa, la fille de la Terre, Léo, le fils de l'Air et Tan, le fils du Feu.
Dans le monde des Mages, les quatre adolescents rencontrent Luxis et Gred, les Gardiens de la Porte que Poséia a vus en rêve. Ils leur confient la mission de trouver un cristal qui contient toutes les magies. Les enfants des Eléments doivent protéger cette pierre mythique et découvrir quel sombre personnage veut s'en emparer. Mais ils sont confrontés à un monde inconnu, peuplé de créatures étranges... 

Les enfants des Eléments et la disparition d'Herbiane
Editions Odin, novembre 2007

Poséia, Ghéa, Léo et Tan, les enfants des Éléments, ne pensaient pas revenir aussi vite dans le monde des Mages, mais la fée Herbiane, l’herboriste la plus douée de la péninsule du Ponant, a été enlevée… Confrontés à d’étranges fauves-hurleurs et à des grawacs, des guerriers redoutables, les enfants des Éléments découvrent que leur vieil ennemi Magle est le seul à pouvoir les aider à retrouver la fée. Qui a effacé le souvenir du livre de mémoire ? Quels secrets cachent la dague de Drinan et la curieuse filésia ? Les enfants des Éléments n’ont que quelques jours pour percer ces mystères et retrouver Herbiane…
Graphisme et illustrations : Mette Morskogen


Quelques avis

" Une histoire pleine de suspens qui tient le lecteur en haleine jusqu’au bout et le plonge dans un univers onirique où chaque instant devient merveilleux. "
Marion Loudiyi, Centre Presse, 27 février 2007

"Un livre que les ados vont adorer, dès 10 ans, tout comme les adultes", Centre Presse, 10 décembre 2007


" Dans ce livre à l’écriture ciselé et au style pétillant offert à toutes les générations on se laisse prendre au jeu en naviguant au fil des 373 pages dans un monde étrange à mi-chemin entre rêve et réalité où le fantastique le dispute au merveilleux décrit avec finesse par une jeune romancière au vrai talent "Yvon Vergnol, Sud Ouest, 6 août 2007
 

"Le lecteur est pris par la magie des récits parfaitement montés et fort bien écrits. Des livres de jeunesse pour lecteurs de tous âges. Et vivement la suite !"Yannick Pelletier, Ouest France, 4 février 2008

Commentaire de Mélanie sur le Cristal des Mages, laissé sur  mon ancien blog :
« Bonjour , j'ai 15 ans et j'ai adoré votre livre , je n'ai lu que le 1er tome et j'ai hâte de lire le second. Certes l'intrigue est assez banal, mais l'écriture est géniale, les descriptions m'on rapidemment mis dans l'histoire et la fin est superbe. J'ai particulièrement aimé le passage de la lettre de Morvan et celle de Poséia :D »

Charles Dickens, Un conte de Noël

(Publié le 24 Décembre 2009)
Charles Dickens, Le drôle de Noël de Scrooge, édition originale, 1843, Le livre de poche, septembre 2009.
Présentation de l'éditeur
Le soir de Noël, un vieil homme égoïste et solitaire choisit de passer la soirée seul. Mais les esprits de Noël en ont décidé autrement. L'entraînant tour à tour dans son passé, son présent et son futur, les trois spectres lui montrent ce que sera son avenir s'il persiste à ignorer que le bonheur existe, même dans le quotidien le plus ordinaire.
Souvent adaptée, cette histoire est sans doute l'une des plus connues de Charles Dickens. Bien sûr, il faut l'aborder comme un conte, sans oublier le contexte dans lequel l'auteur l'a écrite. Mais le ton,  l'humour et le style de Dickens la rendent encore très accessible aujourd'hui.

Même en connaissant l'histoire, la magie opère toujours grâce à une construction très bien équilibrée. La narration invite habilement le lecteur à suivre le personnage de Scrooge que l'on apprend à mieux comprendre au fil de ses voyages avec les esprits de Noël. J'ai particulièrement aimé les descriptions des spectres, et tous ces petits détails dans les décors ou les vêtements. Je ne regrette pas d'avoir relu ce grand classique dans la langue de Dickens, une façon très agréable de redecouvrir ce conte dans toute sa poésie.


Jane Austen, Raison et sentiments

(Publié le 5 Décembre 2009)
Jane Austen, Raison et sentiments, 10/18, 382p.

Présentation de l'éditeur
Raison et sentiments sont joués par deux soeurs, Elinor et Marianne Dashwood. Elinor représente la raison, Marianne le sentiment. La raison a raison de l'imprudence du sentiment, que la trahison du beau et lâche Willoughby, dernier séducteur du XVIIIè siècle, rendra raisonnable à la fin. Mais que Marianne est belle quand elle tombe dans les collines, un jour de pluie et de vent.

J'étais contente de retrouver l'univers de Jane Austen, même si je connaissais déjà l'histoire de ce roman. J'avais aimé l'adaptation d'Ang Lee et les très belles interprétations d'Emma Thompson, dans le rôle d'Elinor, et de Kate Winslet, dans celui de Marianne.
J'ai apprécié à nouveau le talent de Jane Austen pour restituer les ambiances de la sphère féminine, les sous-entendus, les regards, les attitudes, tous ces petits détails qui forgent les amitiés et les inimitiés sous le vernis de la bienséance. Jane Austen sait décrire les rêves et les aspirations confrontés aux contraintes sociales, en particulier au mariage, si déterminant dans le destin des femmes de cette époque et de ce milieu. En donnant quelques traits caractéristiques, elle nous permet de comprendre facilement ses personnages. Cet aspect m'a beaucoup plus intéressée que le côté sentimental, très développé et bien traité dans ce roman, mais qui me touche moins.
L'opposition entre Marianne et Elinor tient toute l'intrigue, sur la dualité profonde  entre la raison et les sentiments, bien sûr. Passionnée, rêvant d'amour idéal, Marianne refuse de céder aux convenances, tandis qu'Elinor, réservée, dévouée, en reste prisonnière. Les deux sont attachantes, même si je suis plus sensible au personnage d'Elinor, plus nuancé et subtil.
Marianne "Il lui était impossible de dire le contraire de ce qu'elle pensait, même dans les occasions les plus banales; et c'est en conséquence, sur Elinor que retombait la tâche de mentir lorsque la politesse l'exigeait".
Les personnages secondaires sont tout aussi intéressants, en particulier Fanny, calculatrice et sournoise, et Lucy, qui apparaît assez naïve au début du roman pour se révéler ensuite beaucoup moins lisse. La description des réactions d'Elinor, lorsque Lucy lui annonce ses fiançailles avec Edward, est réellement émouvante. Ce passage reste l'un de mes préférés du roman.
Elinor "était plus forte seule, et son bon sens la soutenait si bien que sa maîtrise d'elle-même était sûre, son apparence de gaité aussi invariable qu'il était possible de l'imaginer sous l'empire de regrets  aussi poignants et aussi récents".

Je connais encore trop peu l'oeuvre de Jane Austen et l'histoire de la société anglaise du début du XIXe siècle pour apprécier toute la richesse et la subtilité du roman.
En revanche, en lisant le livre après avoir vu le film, j'avais en tête les décors et le jeu des acteurs. Je peux maintenant confirmer ce que je supposais : l'adaptation d'Ang Lee, fidèle au texte et à l'esprit du roman est vraiment très réussie !

L'avis de Yue, celui d'Isil,

Luis Sepulveda, Le vieux qui lisait des romans d'amour

(Publié le 27 Novembre 2009)
Luis Sepúlveda, Le vieux qui lisait des romans d’amour, éditions Métailié 1992 et Point Seuil 1995.
Présentation de l'éditeur

Antonio José Bolivar Proaño est le seul à pouvoir chasser le félin tueur d’hommes. Il connaît la forêt amazonienne, il respecte les animaux qui la peuplent, il a vécu avec les Indiens Shuars et il accepte le duel avec le fauve.

J'ai lu cette courte histoire avec beaucoup de plaisir. Luis Sepulveda donne finalement assez peu de détails sur Antonio mais on s’attache rapidement à lui; son rapport aux livres le rend particulièrement touchant pour les lecteurs.
« Il lisait lentement en épelant les syllabes, les murmurant à mi-voix comme s’il les dégustait, et, quand il avait maîtrisé le mot entier, il le répétait d’un trait. Puis il faisait la même chose avec la phrase complète, et c’est ainsi qu’il s’appropriait les sentiments et les idées que contenaient les pages. »
Les autres portraits sont également brefs mais suffisants pour que l’on puisse cerner les personnages. Malgré tout, ce roman m'a semblé un peu court ; je serais volontiers restée plus longtemps dans l’ambiance de cette forêt et avec ces personnages dont j’aurais aimé découvrir davantage la vie quotidienne.
Je n'avais pas l'intention de faire une lecture comparée, mais l'hommage de Sepulveda à Francisco Coloane est évident. L’influence de Coloane est perceptible, autant sur la forme de récit, entre réalisme et fable, que sur les thèmes abordés : l’homme et la nature, la mise en parallèle de deux cultures (ici, les indiens Shuars).
Chez Sepulveda, cette forme engagée est très efficace, et je garde l'impression d'une forme de légèreté.
Plus cynique, et dans une écriture plus poétique, à mon avis, Coloane malmène davantage ses personnages, les plongeant dans des ambiances plus sombres, où la folie reste une menace omniprésente.

Je conseillerais à ses lecteurs de découvrir Coloane ! 

L'avis de Kalistina... qui a retenu la même citation. Sur son blog, vous trouverez des liens vers d'autres billets.

Paul Féval, La fée des grèves

(Publié le 9 Octobre 2009)

Paul Féval, La fée des grèves, Hachette, 1952, 251p. 
Edition originale, 1850.

Ce titre a attiré mon attention, car il appartient aux récits bretons de Féval. Il n'a pas été réédité récemment, mais on peut le trouver en bibliothèque ou chez un bouquiniste.

En 1450, le duc François de Bretagne se rend en pèlerinage au Mont-Saint-Michel après la mort de son frère M. Gilles. Mais Hue de Maurever, l'écuyer de Gilles, accuse le duc de fratricide. Pourchassé par les hommes du duc, Hue se réfugie à Tombelaine et trouve l'appui de sa fille Reine et d'Aubry de Kergariou.


Sur un rythme enlevé, ce livre nous plonge dans la Bretagne du XVème siècle... dans l'esprit romanesque des romans du XIXème siècle ! On y retrouve des intrigues politiques, des combats, et des histoires d'amour, bien sûr !  On y découvre également des personnages passionnés, de courageux chevaliers et de traîtres sans scrupule, sans oublier une note comique, apportée par le frère Bruno, un grand bavard qui connaît nombre d'histoires ! Mais les personnages féminins, Reine de Maurever et Simonette ne sont ni effacés ni trop mièvres,  ce qui est appréciable.
L'originalité de ce livre est de mêler le roman, l'histoire et les légendes bretonnes. Féval adopte un ton de conteur et  insère dans son récit une soirée de veillée; naturellement, l'un de ses personnages raconte  la légende de la fée des grèves qui hante la baie du Mont-Saint-Michel. Ces petits récits ajoutent une touche de mystère qui me plaît beaucoup. "La grève, comme un magique miroir, trahit alors les secrets d'un monde qui n'est pas le monde des hommes." 
Paul Féval offre de très belles descriptions de la baie du Mont-Saint-Michel, poétiques et imagées, mais qui ne ralentissent jamais le rythme du récit. Celle de la traversée de la baie dans la brume, de Tombelaine à l'abbaye, est particulièrement réussie.

Très bon feuilletoniste, doué d'une grande aisance d'écriture, Paul  Féval s'adresse parfois directement au lecteur. Il a également le bon goût de ne pas se prendre au sérieux, ce qui rend la lecture encore plus agréable. Enfin, on comprend bien tout son attachement à la Bretagne ; et même quand il se moque un peu du caractère breton, il le fait toujours avec tendresse.
Mais pour régler la question géographique, je cite le dicton que Féval rappelle :
"Li Couësnon a fait folie:
Si est le mont en Normandie..."
(Le Couesnon est une rivière dont le cours s'est déplacé au fil des siècles.)

Pour l'anecdote...
"On dit que parfois, quand le vent du nord-ouest laboure profondément les eaux de la baie, on dit que l'oeil du matelot découvre d'étranges mystères entres les deux monts et les îles Chaussey. Ce sont des villages entiers, ensevelis sous les flots, des villages avec leurs chaumières et le clocher de leur église. Des villages dont les noms sont: Bourgneuf, Tommen, Saint-Etienne-en-Paluel, Saint-Louis, Mauny, Epinac, La Feillette, et d'autres encore. Dans les villages noyés dont les cadavres pâles gisent dans les sables avec les débris des naufrages et les grands troncs de la forêt de Scissy. L'océan a mis des siècles dans sa lutte sans pardon contre la pauvre terre de Bretagne. L'océan, vainqueur, dort maintenant sur le champ de bataille."

Féval précise qu'il existe des sources de l'existence de ces villages, et l'un d'eux m'a fait sourire. Mon nom ne vient pas de ce bourg englouti, ma famille paternelle est originaire de la région de Saint-Brieuc.