lundi 30 juin 2014

Francisco Coloane, Le dernier mousse

(Publié le 5 Février 2009)
Le dernier mousse, Phébus, 1996, et Point Seuil, 1998, 128p. (édition originale, 1941).
Présentation de l'éditeur:
Follement épris de l'océan et désireux de suivre les traces de son père, Alejandro, quinze ans, brave l'interdit maternel et embarque clandestinement sur le Baquedano. Engagé comme dernier mousse, il subit les moqueries de l'équipage, la saleté, et les tempêtes l'attendent. Il lutte, envers et contre tout, pour apprendre le métier. Au bout de son périple, une terre sauvage : l'hémisphère sud.

J'ai eu un vrai coup de cœur pour cet auteur, classique au Chili, mais édité en France seulement depuis une quinzaine d’années par les éditions Phébus. Francisco Coloane est un excellent conteur qui nous transporte entièrement dans le Grand Sud. Dans ces récits très réalistes, il s'inspire de son expérience, de ses voyages, en mêlant d’une façon subtile un regard ethnographique et un caractère romanesque. Ces textes révèlent à la fois sensibilité et pudeur, violence et humanisme.
Le dernier mousse est un roman d'apprentissage, dans lequel Alejandro part à la recherche de son frère, Manuel. Il découvre les difficultés du monde des marins, la  violence des tempêtes, la dureté de la vie à bord, et le courage des hommes. Dans un style sobre, Coloane restitue parfaitement ces ambiances qu'il connaît bien. Les chapitres de ce court roman sont de petites histoires en elles-mêmes, des illustrations de la vie des marins, puis de celle des  indiens au sud du Chili.
La description de la tempête est particulièrement réaliste et prenante, et "le fantôme de la Léonora" est une belle légende de marins où le mystère suggère le fantastique.
Comme Alejandro, le lecteur découvre une nature puissante et la confrontation entre deux modes de vie, deux regards sur le monde, grâce à la rencontre avec les Yaghans, leurs pratiques et leurs rites. Coloane nous offre un voyage et nous ouvre une réflexion, sans forcer le trait, qu'il conclut ainsi à travers Manuel: "Nous sommes comme la glace. La vie nous fait parfois chavirer et nous changeons de forme".


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